À quelques dizaines de kilomètres à peine de Marseille, Aix-en-Provence fait office de cousine chic et élégante de la cité Phocéenne. La montagne Sainte Victoire, muse de Paul Cézanne, veille avec bienveillance sur cette ville aux airs de village provençal. Son centre ville de pierres aussi lumineuses que le soleil du Sud se découvre à pied, au fil des hôtels particuliers, anciennes demeures de la noblesse aixoise

Que visiter à Aix-en-Provence ?

Cours Mirabeau

Le cours Mirabeau, surnommé avec envie « les Champs Élysées d’Aix », représente l’artère principale de cette ville de 142 000 habitants. Ses 42 mètres de largeur séparent le très aristo quartier Mazarin, au Sud, et la vieille ville au Nord. Ses mythiques platanes centenaires ont récemment été replantés, et vous ne pourrez donc plus profiter de leur ombre pour arpenter ses 440 mètres de longueur qui mènent à la fontaine de la Rotonde.

Les hôtels particuliers du cours Mirabeau
  • Au N° 4 : L’hôtel de Villars, du nom d’un de ses résidents, le duc de Villars, gouverneur général des pays et comtés de Provence, a été construit en 1710. Sa porte d’entrée est encadrée de 4 imposants piliers soutenant un étroit balcon. Ces piliers qui empiètent sur la chaussée, ont été ajoutés après la construction, par le duc de Villars lui-même, semblant vouloir rappeler son pouvoir sur les rues de la ville.
  • Au N° 10 : L’hôtel d’Entrecasteaux, aussi appelé Hôtel Isoard de Vauvenargues, fût construit en 1710 pour François Boniface-Leydet, conseiller au Parlement de Provence. En seulement deux siècles, pas moins de 6 heureux propriétaires ont eu ses clefs en poche. Il doit son nom au cardinal d’Isoard, qui s’en empara en 1810, et qui fit graver ses initiales dans l’encadrement de la porte.
  • Au N° 19 : La porte de l’Hôtel d’Arbaud-Jouques, construit en 1732, attire tous les regards, tant elle est ornée avec élégance. Faite de noyer, elle est encadrée de deux atlantes et d’une petite tête de lion.
  • Au N° 20 : Construit en 1656, l’Hôtel de Forbin est bâti de la pierre aixoise, jaune et lumineuse. Il n’est pas l’hôtel particulier le plus tapageur du cours, mais il est l’un des plus appréciés, en raison de sa symétrie presque parfaite et de ses dimensions imposantes. Il abrita d’ailleurs des locataires de choix, tels que les ducs de Bourgogne et de Berry ou Pauline Borghèse, la sœur de Napoléon.
  • Au N° 38 : La façade de l’Hôtel Maurel de Pontevès, datant de 1651, a beau avoir besoin d’un petit rafraîchissement, elle sera l’une de celles qui vous impressionnera le plus sur le cours Mirabeau. Deux imposantes Atlantes, la version masculine des Cariatides, soutiennent le balcon dans ce qui semble être une véritable démonstration de force. Cet hôtel marque l’apothéose de Pierre Maurel, un commerçant de draps aixois ayant fait fortune. Il est le premier hôtel particulier du cours.
Au N°38 : les impressionnantes Atlantes de l’hôtel Maurel de Pontevès. Crédit photo : djedj – Pixabay.

La fontaine de la Rotonde

Trois fontaines ponctuent le cours Mirabeau comme des points de suspension qui en annoncent une quatrième : la fontaine de la Rotonde. Imposante et majestueuse, elle a été construite en 1860 après que le comte de Valbelle ait légué une importante somme à la ville. Au centre de son bassin de 32 mètres de diamètre, se hissent trois statues à 12 mètres de hauteur : la Justice, orientée vers le cours, et donc le cœur d’Aix, l’Agriculture, regardant Marseille et les Beaux-Arts, veillant sur Avignon.

La place des Quatre-Dauphins

Si on voit bien les poissons, il n’est pas évident de reconnaître les dauphins de cette fontaine du chic quartier Mazarin. Elle a été construite lorsque le Cardinal Mazarin lança l’idée de construction du quartier pour élargir la ville. Une statue à son honneur était à l’origine prévue, mais à sa mort, les nobles du quartier ont confessé qu’ils préfèreraient une fontaine…

Crédit photo decar66 – Flickr

La place d’Albertas

Cette place au charme brut est l’une des fiertés des Aixois. En plein centre-ville, elle porte le nom de ses anciens résidents : l’une des plus grandes familles aixoises au XVIIIème siècle. Les pavés battus dans le temps par la noblesse aixoise, sont aujourd’hui un lieu de rencontre privilégié pour les amoureux, les peintres et les curieux.

La cathédrale Saint-Sauveur

Construite entre le Vème et le XVIIIème, la cathédrale aixoise témoigne de treize siècles d’architecture catholique. En la parcourant du regard, on remarquera alors à la fois des éléments romans et gothiques. L’intérieur surprend aussi de ses trois nefs composites mêlant art roman, gothique et baroque. (Ouvert tous les jours de 8h à 19h).

La fondation Vasarely

Au pied des 42 œuvres monumentales de l’artiste hongrois Vasarely, on se sent prit de vertiges. Et pour cause : dans ce musée fondé par l’artiste plasticien hongrois lui-même, des alvéoles intègrent à leurs façades des œuvres trompe-l’œil, graphiques et déroutantes, mesurant jusqu’à 12 mètres de haut. Ces œuvres, parmi les plus célèbres de l’artistes, se découvrent au rez-de-chaussée, à l’étage, et même sur la façade même du bâtiment, créée par l’artiste lui-même. (Ouvert tous les jours de 10h à 18h. Plein tarif 12€).

Les marchés d’Aix-en-Provence

Chaque jour, sur ses différentes places et petites rues, Aix-en-Provence devient pendant quelques heures le théâtre bruyant et pittoresque de nombreux marchés. Véritable attraction où les maraîchers crient à tue-tête sous l’œil attentif des acheteurs, on trouve aussi bien des marchés aux légumes que d’artisanat, de vêtements ou d’antiquités. (Carte des marchés d’Aix-en-Provence).

Le Pavillon de Vendôme

Les jardins à la française de cet hôtel particulier sont si harmonieux et calmes qu’on en oublierait presque l’agitation du centre-ville. Il fut édifié pendant la deuxième moitié du XVIIème siècle par le duc de Vendôme, Louis de Mercœur, pour y vivre ses amours avec Lucrèce de Forbin Solliès. En parcourant les allées du jardin et en admirant la façade soutenue par des Atlantes, on se met à penser qu’ils ont peut-être éternellement imprégné le lieu de leur romance. L’intérieur est devenu un musée accueillant des collections d’art contemporain. (Musée ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Plein tarif 3€70).

Crédit photo : vallis-clausa – Flickr

L’atelier de Cézanne

À Aix-en-Provence, c’est toutes les rues, les immeubles, les places et les parkings qui sont estampillés au nom de l’enfant chéri, Paul Cézanne. Celui qui a peint près de 80 fois sa bien-aimée montagne Sainte Victoire a aussi laissé en sa mémoire son atelier, lieu de création de tant de chef-d‘œuvre. (Ouvert du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h. Plein tarif 9€50).

L’Hôtel Caumont – Centre d’Art

Ce somptueux hôtel particulier s’est réinventé pour devenir un centre d’art riche et captivant, organisant chaque année deux grandes expositions temporaires. Les programmations ambitieuses côtoient des meubles d’époque qui ramènent dans le quotidien de la marquise de Caumont et la grande noblesse aixoise du XVIIIème siècle. (Ouvert tous les jours de 10h à 18h et jusqu’à 19h entre mai et septembre. Plein tarif 6€50, ou 14€50 en période d’exposition).

Chambre de Pauline de Caumont. Crédit photo : Renaud Camus – Flickr

Le musée Granet

Entre les murs du palais de Malte du XVIIème siècle, se trouve l’un des plus beaux musées de France, inauguré en 1838. Dans un parcours de 4500m², enrichies de nombreuses donations, les collections exposent de grands chefs-d’œuvre de la Renaissance à nos jours. On y admire des sculptures de Giacometti, Renoir, Picasso, Klee, Monet, Van Gogh, Degas, Braque, et bien évidemment Paul Cézanne. (Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Plein tarif 6€).

Le mémorial du camp des Milles

Ce lieu unique en France perpétue un travail de mémoire : celle des horreurs de la Seconde Guerre Mondiale. Il est aujourd’hui le seul camp français d’internement et de déportation conservé et accessible au public, qui y découvre l’histoire de la Shoah, le processus socio-politique qui amène à ces crimes ainsi que les moyens de lutte contre l’antisémitisme et le racisme dans un parcours de 15000m². (Ouvert tous les jours de 10h à 19h. Plein tarif 9€50)

Où prendre un verre à Aix-en-Provence ?

Si les Deux Garçons, le café le plus mythique de la ville, a brûlé il y a peu, on peut encore trouver d’excellentes adresses où prendre un verre à Aix-en-Provence !

L’Unic Bar

Sur cette place où, plusieurs fois par semaine, les maraîchers se retrouvent pour déplier leurs étals de légumes, l’Unic Bar propose une terrasse agréable pour prendre un verre ou grignoter un morceau. Dans ce café où les habitués aiment lire leur journal en profitant de la douce agitation de cette place passage obligé du centre ville, on aime commander un repas de bistrot sur le pouce en sirotant une boisson fraîche.

Le Bidule

Le Bidule est un charmant café-restaurant fait de brics et de brocs situé en pleine effervescence du Forum des Cardeurs. Sur cette place qui regroupe un enchevêtrement de terrasses, le Bidule vous emmènera dans son univers coloré et enfantin, où vous pourrez également goûter à une cuisine de bistrot inspirée des saveurs de la région.

Le Pub O’Sullivan’s

Sur une charmante place de pavés où trône une fontaine comme seule Aix sait en faire, ce pub écossais charme aussi bien les badauds en quête de la beauté des ruelles aixoises que les fêtards noctambules. En journée, on peut donc s’y désaltérer bercé par le ruissellement de la fontaine, et y faire la fête une fois la nuit tombée.

La Brûlerie

Dans cette boutique où l’on peut acheter des grains de café du monde entier, on peut aussi déguster le café le moins cher d’Aix en Provence accoudé au comptoir, qui est aussi l’un des meilleurs ! À vous de choisir parmi la vingtaine de variétés de cafés grands crus du monde entier, torréfiés sur place. Profitez également d’une excellente sélection de 140 variétés de thé.

Book in Bar

Juste en face du centre Caumont, cet établissement anglais propose une grande collection de livres à lire avec un scone, dans un environnement de bois très british. Les livres, qu’il est possible d’acheter, sont anglophones ou francophones, l’endroit est calme et plaisant, idéal pour travailler ou se reposer de l’effervescence de la rue.

Où manger à Aix-en-Provence ?

La Brocherie

Dans un écrin rustique, la Brocherie sert une cuisine provençale typique et délicieuse au coin du feu où crépitent les grillades, spécialités de la maison. Ne manquez pas non plus les recettes de la région telles que les andouillettes à la provençale et la soupe au pistou. Les desserts ne sont pas non plus à négliger : ces délices sont réalisés par le pâtissier de la maison, formé chez Lenôtre.

Vintrépide

Ce restaurant gastronomique intime et chic au coin de la rue Mignet, dans le vieil Aix, veille à marier une cuisine de saison aux influences provençales à des vins de tous horizons, conseillés par le savant sommelier. Le chef qui a fait ses armes dans de grands restaurants propose chaque jour deux poissons sauvages et deux viandes de qualité, sur une carte qui se renouvelle tous les quinze jours.

Le Jardin Mazarin

Dans le très bourgeois quartier Mazarin, à deux pas de la fontaine des Quatre Dauphins, le Jardin Mazarin offre une cuisine de qualité dans un superbe hôtel particulier aixois, où l’on peut également s’attabler dans la cour intérieure, véritable parenthèse bucolique. On y sert une cuisine à l’image du quartier : élégante, raffinée et pleine de fraîcheur.


4 commentaires

REGARD · 14 août 2020 à 13 h 24 min

Restaurant Les Caves Henri IV ( Le Formal ). je vous conseille

    AdélaÏde · 16 août 2020 à 12 h 54 min

    Génial ! Je suis bientôt à Aix, j’irai le tester (et peut-être l’ajouter à la liste), merci !

Joyce · 14 août 2020 à 17 h 01 min

Les 2 G , ça va être compliqué depuis l’incendie…

    AdélaÏde · 16 août 2020 à 12 h 54 min

    Je corrige 🙂

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