Après quatre années passées en Slovénie, j’ai écrit cet article en essayant de traiter tous les aspects importants pour une éventuelle installation. Cela reste le reflet de mon expérience, et la plupart des aspects sont subjectifs. Pensez donc à faire quelques voyages en Slovénie pour prendre la température avant une installation.
Vivre en Slovénie, c’est pour vous si…
Vivre en Slovénie, c’est pour vous si :
- Vous êtes sportif.
- Vous aimez le plein-air.
- La sécurité est un critère important pour vous.
- Vous aimez vadrouiller le week-end.
- Vous recherchez un rythme de vie sain.
Vivre en Slovénie, ça n’est pas pour vous si…
Vivre en Slovénie, ça n’est pas pour vous, si :
- Vous êtes fêtard.
- Vous cherchez un pays peu coûteux.
- Vous aimez être entouré d’amis.
- Vous craignez les hivers rugueux.
- Vous aimez les grandes villes dynamiques.
Les avantages et les inconvénients à vivre en Slovénie
Lorsque je suis arrivée, j’ai trouvé tout extraordinaire lors de la première année, mais après quatre ans à vivre en Slovénie, j’ai vraiment défini quels en étaient les avantages et les inconvénients à mes yeux. Vous ne les percevrez pas forcément en un ou deux séjours en Slovénie, et certains vous passeront complètement au-dessus de la tête selon votre style de vie. Ne prenez donc pas cette liste comme stricte.
Les avantages à vivre en Slovénie :
- Le niveau de sécurité est l’un des meilleurs au monde.
- Le rythme de vie est très sain, sportif et avec un bon équilibre travail et vie personnelle.
- Les espaces naturels sont spectaculaires et bien préservés.
- La capitale est très agréable à vivre, avec des espaces verts et sans quartiers craignos.
- La position géographique du pays permet des déplacements très faciles vers de nombreuses destinations touristiques européennes.
- La plupart des Slovènes parlent anglais, les discussions de base sont faciles.
- Les distances sont si courtes, que l’on peut aller à la plage pour quelques heures en été, ou aller skier rapidement en hiver.
Les inconvénients à vivre en Slovénie :
- La langue est extrêmement difficile à apprendre.
- La qualité du service est déplorable.
- La communauté internationale est très petite.
- L’intégration auprès des Slovènes est rendue difficile par des raisons culturelles et linguistiques.
- Il est difficile de se faire des amis en Slovénie pour les deux raisons précédentes, et beaucoup se sentent assez seuls.
- En termes de shopping, il y a encore peu d’options internationales, plusieurs marques, aliments, boissons, objets peuvent être difficiles à trouver.
- La nuit tombe tôt, au point que cela peut être vraiment déprimant l’hiver.
- Les loyers sont chers, surtout à Ljubljana.
Les formalités administratives
Les formalités administratives sont plutôt légères puisque la Slovénie fait partie de l’Union européenne. Toutefois, elles peuvent être assez longues et éprouvantes, car comme dans bien d’autres pays, l’administration slovène est très lente, il manque toujours un papier, d’autant que les employés refusent parfois de parler anglais, si bien qu’il faut parfois être accompagné d’un slovénophone, c’est arrivé à plusieurs amis, mais jamais à moi. Pour toute question concernant les formalités administratives, consultez avant tout une source plus officielle que mon blog, à savoir l’Ambassade de France en Slovénie.
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Le guide pour louer une voiture en Slovénie
Pour vous installer en Slovénie, vous devez :
- Vous signaler à un poste de police à votre arrivée
- Obtenir une attestation de résidence temporaire auprès de l’administration slovène. Il faut pour cela prendre rendez-vous auprès du bureau Upravna Enota de la ville de votre installation. Voici le site où prendre rendez-vous. Il faudra généralement attendre plusieurs mois, même parfois jusqu’à un an, pour recevoir votre carte de résident.
- Vous inscrire au registre des Français établis hors de France, ou sur Ariane pour un séjour de moins de 6 mois.
Ce sont les formalités obligatoires qui concernent toute personne qui souhaite vivre en Slovénie, mais il y en a d’autres au cas par cas. Il faudra alors garder en tête selon votre cas : le changement de plaque d’immatriculation du véhicule, les démarches pour faire venir votre animal de compagnie, la question des impôts, l’assurance santé et habitation…
Le coût de la vie
Beaucoup de personnes débarquent en Slovénie avec une image de pays de l’Est extrêmement peu cher. Si c’est votre cas : oubliez. Premièrement, la Slovénie est en Europe centrale (les Slovènes vous corrigeront si vous dites Europe de l’Est), et deuxièmement, la Slovénie est à peine moins chère que la France. Selon mes dépenses personnelles qui n’ont rien d’une étude officielle, la Slovénie est 15-20 % moins chère que la France seulement. Les loyers sont assez élevés, particulièrement à Ljubljana, où un studio pas trop mal placé coûte environ 500 €/mois, et un appartement T2 de 40 m2 au minimum 800 €.
Les courses coûtent à peine moins cher qu’en France, rien qui ne changera drastiquement votre pouvoir d’achat. Le vrai aspect moins cher est la restauration : repas complet au restaurant dès 20 €, pinte de bière à 3,30 €. Là-dessus, je sens mon pouvoir d’achat vraiment augmenté par rapport à la France, je vais au restaurant, au café ou au bar bien plus souvent en Slovénie qu’en France, car c’est moins cher. À l’inverse, l’hôtellerie coûte plus cher qu’ailleurs. Les hôtels slovènes sont très chers car la demande touristique a explosé, sans que l’offre d’hébergements n’augmente. Le coût de la vie global est quasiment équivalant à celui de la France ou de la Belgique.
Les meilleurs endroits où habiter
Si vous cherchez un minimum de dynamisme, il n’y a franchement qu’une option : Ljubljana. C’est ici que se concentre l’immense majorité de la communauté française et étrangère, c’est ici qu’ont lieu la plupart des événements culturels… Les autres villes, même Maribor, qui est la deuxième plus grande ville du pays, sont quand même vraiment moins dynamiques. Même Ljubljana sera un peu trop tranquille pour les habitués des grandes villes. Vous pouvez également vivre à la campagne si vous recherchez la nature et une vie plus tranquille.
Les amis et les rencontres
Ça a été pour moi, l’aspect le plus difficile en Slovénie. Je trouve les amitiés avec les Slovènes assez difficiles, en raison de la barrière linguistique bien sûr, mais aussi, et peut-être surtout, pour des raisons culturelles. Les Slovènes sont bien plus tournés vers les relations familiales qu’amicales. Ils quittent le foyer familial très tard (29 ans en moyenne contre 23 en France), partagent souvent une maison à l’âge adulte avec leur parents, à la fois pour des raisons culturelles et liées au coût de l’immobilier, et passent énormément de temps en famille, au détriment des relations amicales. Je me souviens d’un ami égyptien sidéré qui me disait que sa femme Slovène ne voyait sa meilleure amie qu’une fois tous les deux mois, non pas que ça soit une norme, mais les Slovènes accordent tout de même moins d’importance aux amis que beaucoup de cultures. J’ai rencontré plein de Slovènes très sympas et j’ai beaucoup de connaissances slovènes, mais je n’ai jamais lié de vraies amitiés profondes et intimes, où l’on se voit aussi souvent que je le ferais avec mes amis en France, à savoir chaque semaine au moins.
Des 6 pays où j’ai habité, la Slovénie est celui où je me suis sentie le plus seule
Je me suis donc beaucoup plus tournée vers la communauté internationale pour me faire des amis en Slovénie, mais là encore, c’est assez compliqué. La plupart des gens ne restent que quelques mois ou une année, et le groupe de copains doit sans cesse être renouvelé, sans parler du fait que la communauté internationale est vraiment petite. Le pays compte environ 1 000 Français, je n’ai jamais rencontré de Belge ou de Suisse francophone. Je pense que la solitude est le problème qui revient le plus souvent quand j’interroge mes amis français ou étrangers qui vivent en Slovénie. Il y a toutefois des événements qui permettent de rencontrer des gens. En effet, si la communauté internationale est petite, elle est plutôt active (presque exclusivement à Ljubljana) grâce à l’initiative de certains membres. Voici donc quelques possibilités pour faire des rencontres :
- Le groupe Facebook EXPATS IN SLOVENIA organise tous les vendredis un verre dans un bar différent de Ljubljana.
- Le groupe Facebook Ljubljana International Hiking Group organise des randonnées au départ de Ljubljana tous les vendredis.
- Le groupe Facebook Ljubljana Girl Gone International qui organise plusieurs événements.
- Le groupe Facebook International Group of Slovenia recense différents événements sociaux dans le pays.
La langue
J’ai rencontré beaucoup de nouveaux arrivants venir vivre en Slovénie en disant vouloir apprendre les bases de la langue rapidement, comme ils avaient pu le faire avec l’espagnol, l’italien ou même l’allemand. Le slovène est infiniment plus difficile à apprendre que cela, plus encore que l’allemand qui n’a que quatre déclinaisons et beaucoup de vocabulaire commun avec le français ou l’anglais, là où le slovène a huit déclinaisons et très peu de vocabulaire qui vous sera familier. Les seuls étrangers non-Slaves que je connais qui parlent le slovène sont mariés à un ou à une Slovène et donc plongés dans un bain linguistique et culturel constant au contact de leur conjoint slovène, de sa famille, de ses amis etc. J’ai rencontré des Français vivant en Slovénie depuis 20 ans et toujours incapables de parler la langue au delà des formules de politesse. Le slovène est extrêmement difficile à apprendre parce que :
- La grammaire est complexe.
- Le vocabulaire est complètement différent du notre. Le français ne compte d’ailleurs qu’un seul mot d’origine slovène (à savoir “karst”, un phénomène géologique).
- La langue n’est parlée que par deux millions de locuteurs, si bien que les outils habituels pour apprendre une nouvelle langue (Babbel, Duolinguo, regarder des films en VO, etc.) ne sont pas disponibles en slovène.
- Il y a énormément de variations linguistiques et de dialectes selon les régions, ceux qui apprennent le slovène gardent donc des difficultés à communiquer dans d’autres régions du pays.
- Les cours proposés par l’université sont chers. Voici les prix sur ce site.
- Les Slovènes parlent globalement très bien anglais, ce qui fait que si l’on débute dans l’apprentissage de la langue, on aura du mal à pratiquer, car notre interlocuteur passera à l’anglais pour nous soulager de nos difficultés.
Le travail
La difficulté à trouver un emploi en Slovénie dépend de vos compétences, de ce que vous recherchez, et aussi beaucoup de votre chance. De l’avis général, il est difficile de trouver un emploi en Slovénie si l’on ne parle pas la langue ou si l’on n’est pas qualifié dans un domaine précis. Toutefois, cela dépend de la chance de chacun, j’ai pour ma part trouvé assez facilement et je connais plusieurs personnes qui ont trouvé rapidement, mais la plupart du temps pour des emplois précaires. Le SMIC slovène est à environ 900 € net au moment où je vous parle. Pour trouver un emploi, je vous recommande avant tout de rechercher sur LinkedIn. Les entreprises qui publient leurs annonces de recrutement sur LinkedIn, généralement en anglais, sont souvent bien plus ouvertes à employer des internationaux. Sinon, d’autres options s’offrent à vous :
- Un VIE ou VIA, volontariat international rémunéré, si vous avez moins de 30 ans.
- Être salarié pour une entreprise dans votre pays mais en étant basé en Slovénie. De plus en plus d’entreprises se montrent tolérantes à cet égard, je connais plusieurs étrangers installés en Slovénie comme cela.
- Vous mettre à votre compte et débuter une activité d’auto-entrepreneur, c’est finalement l’option pour laquelle j’ai opté en raison de la précarité des emplois slovènes que je trouvais.
Quant à la culture du travail en Slovénie, elle est franchement très agréable. Les Slovènes valorisent énormément l’équilibre vie pro/vie perso. Même si cela dépend des entreprises, on commence généralement le travail plus tôt (7-8 h en général) et on le finit plus tôt (15-16 h). Lors de mon premier jour de travail en Slovénie, je me souviens que ma manager est venue me voir en fin de journée pour me dire que je n’étais pas obligée de rester si longtemps, que je n’avais pas faire des heures sup’ pour prouver ma motivation… Il était 17 heures. En Slovénie, on a généralement une vraie deuxième journée après le travail. On a le temps d’aller se promener, voire de randonner.
La position géographique
L’un des plus grands avantages de vivre en Slovénie est sa position géographique, au centre de l’Europe. Depuis Ljubljana, en 4 heures de route ou moins, vous pouvez atteindre énormément de destinations européennes de renom : Zagreb (1 h de route), Munich (4 h de route), Budapest (4 h de route), Venise (2 h 30 de route), le lac de Garde (4 h de route), Vienne (4 h de route)… Je ne suis jamais autant partie en week-end que depuis que je vis en Slovénie. Il y a toutefois un désavantage à cette position centrale, à savoir que les routes slovènes sont toujours très encombrées, car elles reçoivent énormément de trafic des pays alentour.
Sans même sortir de la Slovénie, la géographie du pays est vraiment parfaite. Depuis Ljubljana, vous pouvez sans problème vous faire une journée à la mer l’été et une journée au ski l’hiver. En été, mon plus grand bonheur est d’aller plonger dans un lac après le boulot. La Slovénie est le troisième pays le plus boisé d’Europe et compte des paysages absolument superbes, toujours accessibles rapidement grâce à la petite superficie du pays.
Le climat
Les saisons slovènes sont assez marquées, avec des hivers froids et neigeux sans être extrêmes et des étés chauds, parfois même très chauds. Lors de mon premier été en Slovénie, j’ai subit une température de 35-40 °C en journée pendant presque deux mois. Le mois le plus difficile au niveau du climat est novembre, car un brouillard très épais s’invite, particulièrement à Ljubljana qui est dans une cuvette. Pour moi, franc-comtoise, il n’y a aucune difficulté avec le climat slovène, mais mon copain sudiste a un peu plus de mal avec le froid l’hiver et les pluies ponctuelles, mais rien de trop terrible. D’autant qu’avec son petit littoral de 46 km de long, la Slovénie dispose aussi d’un climat méditerranéen. Quand il pleut dans le pays, on fuit généralement sur la côte et il y fait beau. C’est une vraie méthode qu’appliquent les Slovènes tant le pays est petit : regarder le temps du jour sur le site météo le plus fiable de Slovénie et organiser sa journée en fonction.
En hiver, le soleil se couche à 16 heures
La vraie difficulté du temps en Slovénie est l’heure à laquelle la nuit tombe en hiver. La Slovénie se trouve sur le même fuseau horaire que la Belgique, la Suisse et la France, sauf qu’elle est quasiment à l’extrême Est de ce fuseau, donc la nuit tombe bien plus tôt. Au cœur de l’hiver, en décembre, il fait nuit à 16 heures, alors qu’en Espagne qui est sur le même fuseau, il fait nuit à 18 heures à la même période. À cause de cela, les hivers slovènes peuvent être vraiment déprimants, on peut ne pas voir la lumière de la journée si on travaille.
Le service (catastrophique)
J’ai dédié un paragraphe entier au service slovène, car il est absolument catastrophique, au point que beaucoup de sorties peuvent être gâchées. Énormément d’étrangers qui vivent en Slovénie s’en plaignent, pas tous toutefois. Si vous ne sortez pas souvent au restaurant, au bar ou au café, c’est peut-être quelque chose que vous ne remarquerez même pas. Je vais quant à moi au restaurant presque chaque semaine et au café ou au bar plusieurs fois par semaine, c’est donc quelque chose qui devient vite problématique.
Liste non-exhaustive de mes mauvaises expériences avec le service slovène
Voici quelques-unes de mes expériences avec le service en Slovénie pour illustrer mes propos :
- Il n’y a pas de loi concernant le niveau sonore des établissements passant de la musique, comme c’est le cas en France. Dans une boîte de Ljubljana (à savoir Cirkus), le son a été si fort que j’ai fini avec des acouphènes permanents.
- Une serveuse a mal entendu ma commande et m’a servi une boisson différente que celle que je souhaitais, et plus chère. Tout en admettant son erreur, elle a refusé de me donner la bonne boisson commandée et de me rendre la différence de monnaie, car elle avait déjà préparé la boisson. J’ai protesté, elle a dit “non” et a tourné les talons. J’ai donc payé plus cher pour une boisson que je n’avais pas commandé.
- Dans un restaurant de burger, j’ai commandé de la sauce barbecue payante. On m’a amené de la mayonnaise. J’ai dit au serveur qu’il devait y avoir une erreur, il m’a dit que cette sauce de couleur blanche et au goût de mayo était bien de la sauce barbecue, telle qu’ils la faisaient en Slovénie (non, la sauce barbecue slovène est la même, il m’a juste prise pour une idiote).
- J’ai commandé une bière dans un bar. On m’a ramené une bière sans alcool. J’ai signalé que je voulais une bière normale. On me l’a ramenée mais le serveur m’a dit que je devrais payer les deux car il avait ouverte la première (que je n’avais pas entamée).
- Celle-ci est arrivée à un ami, mais je la trouvais tellement hallucinante que je voulais l’inclure. Il s’est assis dans un café de campagne à moitié vide à 16 h pour boire un jus de pomme. Au bout de 20 minutes, il a demandé l’addition pour partir. La serveuse lui a dit “si c’était juste pour commander un jus de pomme c’était même pas la peine de venir“.
- Quand je vais chez mon médecin, dans un cabinet sans rendez-vous, l’infirmière fait systématiquement passer tous les Slovènes avant moi parce que je suis étrangère. Je suis encore allée chez le médecin cette semaine. Je suis arrivée la première à l’ouverture. Un deuxième patient est arrivé 30 minutes après et un troisième 45 minutes après moi. Je suis passée la dernière des trois, comme à chaque fois que je vais chez le médecin, et bien que je me signale à mon arrivée. (Mise à jour : suite à la publication de cet article, deux lecteurs du blog m’ont contactée pour me dire qu’eux aussi, leur médecin, différent du mien, les faisait systématiquement passer en dernier car ils n’étaient pas Slovènes)
- Nous sommes arrivés à 20 personnes dans un bar. Il n’y avait pas de table de 20, mais deux tables de 10 vides. Nous nous sommes donc assis en deux groupes de 10. Le serveur nous a crié dessus en disant que nous prenions deux tables au lieu d’une, alors que l’on n’avait aucun siège libre à nos tables, nous ne prenions donc pas plus d’espace que ce que nous étions.
- Manger sur la table non nettoyée du client d’avant. Cela arrive assez souvent, au restaurant comme au bar. De la même manière, si dans un café ou un bar, on commande plusieurs tournées, parfois, les premières ne sont pas débarrassées.
- Les serveurs refusent presque systématiquement de diviser l’addition, non pas parce que leur système informatique ne le permet pas, mais parce que cela leur prend plus de temps. Une fois, avec mes amis, on a demandé à diviser l’addition, le serveur nous a dit “si c’est comme ça je vous servirait en dernier de tout le bar” ! Une autre fois, le serveur a dit “ça me prend plus de temps de diviser l’addition, alors je vais m’asseoir à la table là-bas, m’allumer une cigarette, et vous allez faire la queue debout devant moi en me disant chacun votre tour ce que vous voulez payer”. Une autre fois encore, le serveur nous a dit “pourquoi ce serait à moi de prendre plus de temps pour vous faire payer séparément, plutôt qu’à vous de prendre plus de temps pour vous faire des virements entre vous pour vous rembourser ?”
- J’ai payé une formule “all inclusive” dans un hôtel avec chambre et tous les repas inclus. On m’a demandé de payer l’eau 5 € et refusé de servir de l’eau du robinet, alors que l’eau du robinet est généralement servie gratuitement au restaurant en Slovénie, mais surtout que j’avais payé une formule “repas fournis”, donc l’eau devrait être fournie.
L’offre culturelle
Il y a du bon et du moins bon. Pour le moins bon, il faut noter que la Slovénie est un tout petit pays de 2 millions d’âmes, donc les artistes internationaux ne l’incluent jamais dans leurs tournées. Oubliez Paris et ses expositions de grands peintres ou ses concerts de chanteurs internationalement connus. Je n’ai connu que deux ou trois vraies bonnes expositions en 4 ans en Slovénie, et je n’ai vu que deux chanteurs que je connaissais passer en tournée. Pour le bon, il faut noter que la Slovénie a toujours de bonnes idées événementielles. À Ljubljana, tout l’été, se tiennent par exemple des projections de films (parfois en français) dans la cour du château. Tous les vendredis, il y a un grand marché culinaire où l’on peut manger de tout. Mais même en dehors de Ljubljana, il y a souvent des événements rigolos, comme le Carnaval de Ptuj en mars, ou le concours de plongeon de Kanal ob Soči en août.
Côté culture, pensez aussi à faire appel à la bibliothèque de l’Institut français de Ljubljana. Vous pourrez ainsi emprunter des livres en français, un vrai luxe.
La vie nocturne
J’ai vu beaucoup de personnes projeter sur la Slovénie une image de pays de fête tout droit inspirée de Budapest et de Prague. En réalité, les Slovènes ne sont vraiment pas fêtards. Je l’ai compris dès ma première année en Slovénie, lorsque j’ai demandé à une copine slovène si cela risquait de poser problème aux voisins si j’organisais ma fête d’anniversaire chez moi. Elle a répondu “Noooon, jamais, enfin il faudrait vraiment que ça dépasse les 22 heures pour que ce soit un problème, donc ça n’arrivera pas” !
C’est au point, même que la plupart des boîtes de Ljubljana ferment tout l’été, car les étudiants sont les seuls qui sortent un peu. Et encore, il n’y a pas énormément de boîtes à Ljubljana, et leur programmation est assez irrégulière. Côté bars, il y en a, même des très agréables, mais là encore, l’ambiance n’est pas extrêmement festive. L’hiver, en semaine, dans la capitale, il peut carrément être difficile de trouver un bar ouvert après 22 heures.
Les activités sportives
Vivre en Slovénie sera pour vous un vrai bonheur si vous êtes sportif. Je me souviens lors de ma première semaine ici, j’ai rencontré une Slovène et lui ai demandé si elle était sportive. Elle m’a répondu “non, vraiment pas malheureusement, je cours juste trois fois par semaine”. Le sport est omniprésent en Slovénie. Vous vous en rendrez compte en voyant le nombre de magasins de sport qui se trouvent dans n’importe quelle ville ou zone commerciale. Les sportifs slovènes (notamment Pogačar, Janja Gambret, Roglič et Dončić) sont adulés. Il y a également beaucoup de communautés qui se forment autour de différents sports : des groupes de course à pied, des groupes d’escalade qui organisent des sorties jusqu’aux falaises, des groupes de randonnée… Consultez ma sélection des plus belles randonnées slovènes pour des idées à ce sujet.
La nourriture
La question de la nourriture est très subjective. Personnellement, je n’aime pas la cuisine slovène, qui manque pour moi vraiment trop de finesse. En raison de la nature assez rurale du pays, on peut toutefois trouver de très bons ingrédients, par exemple des champignons mille fois meilleurs que ce à quoi vous êtes habitués. On trouve facilement des produits fermiers, même à Ljubljana où, en plus du marché, on trouve aussi des distributeurs automatiques de produits fermiers (notamment sur la place du marché). La scène culinaire de Ljubljana, d’ailleurs, est étonnamment dynamique. Il y a de bons restaurants internationaux, de nouveaux établissements branchés, peut-être même plus que dans d’autres capitales européennes bien plus grandes. Si vous êtes un gourmet, allez suivre cette page Instagram qui référence les bonnes adresses slovènes. Vous pouvez aussi consulter mon article sur les meilleurs restos de Ljubljana.
Les courses et le shopping
La Slovénie est un tout petit marché économique qui reste assez peu pénétré par l’offre internationale. Il n’y a même pas Amazon, il faut passer par Amazon Allemagne, et donc payer des frais de port. Oubliez aussi certains services comme Vinted ou Uber (même si l’application MetroTaxi à Ljubljana fonctionne un peu pareil). De la même manière, vous ne trouverez pas toutes les marques que vous souhaitez ou tous les produits, particulièrement si vous êtes assez pointus concernant un sujet. Je suis par exemple passionnée de plantes et de cuisine, et je dois souvent ramener de France des outils particuliers pour mes plantes ou des ingrédients bien spécifiques. Toutefois, il y a un Leclerc à Ljubljana, qui est un vrai bonheur. À l’intérieur, tout est comme en France : les produits sont en français et on trouve des ingrédients français comme le comté, par exemple. Des six pays où j’ai habité, c’est en Slovénie que faire mes courses alimentaires a été le plus simple grâce à ce Leclerc. J’ai même rencontré des Français vivant en Bosnie qui faisaient une fois par mois les 4 heures de route jusqu’à Ljubljana juste pour faire leurs courses à Leclerc !
Le système de santé
Je suis en bonne santé donc je n’ai que peu eu à faire au service de santé slovène, mais je l’ai trouvé globalement excellent. Son principal défaut est la pénurie de médecins. Il n’y a plus, à Ljubljana, un seul docteur qui accepte d’être le médecin traitant de nouveaux patients. Une liste est publiée régulièrement pour mettre à jour d’éventuels nouveaux médecins, mais ils sont alors pris d’assaut par une longue file d’attente (voici un article qui en parle, il s’agit du seul média anglophone sur la Slovénie, je vous recommande de le suivre sur les réseaux sociaux). Pour cela, le plus simple est de se rendre dans les cabinets de médecins sans rendez-vous. Voici le mien, mais il y en a plusieurs.
À part cela, mon expérience avec les médecins slovènes a toujours été bonne. J’ai dû aller deux fois aux urgences, et la prise en charge a toujours été rapide, bien plus qu’en France. Le service s’est montré extrêmement organisé, et les réponses apportées très détaillées. J’ai aussi remarqué que les médecins slovènes ont bien plus rapidement recours aux examens que les médecins français. Je suis allée chez le médecin pour une grippe un peu traînante, j’ai eu droit à une prise de sang et à un électrocardiogramme, ce qui ne serait jamais arrivé en France. Enfin, autre point positif : la consultation est totalement gratuite, même avec la carte d’assurance maladie européenne destinée aux séjours temporaires, et les médicaments sont généralement gratuits ou peu chers.
La sécurité
La Slovénie se classe toujours parmi les trois pays européens offrant le meilleur degré de sécurité, selon les critères retenus. C’est un vrai soulagement en habitant en Slovénie, je rentre toute seule la nuit sans m’inquiéter. J’ai même déjà vu, dans une rue très passante de Ljubljana, un Macbook (ordinateur à 1 200 €) laissé en terrasse d’un café pendant que son propriétaire était parti aux toilettes. C’est une scène que j’ai vue plusieurs fois, avec un appareil photo reflex ou avec un sac à main. C’est en effet le degré d’insouciance qu’on atteint en vivant en Slovénie : on arrête de se méfier de tout, car le niveau de sécurité est excellent.
Trouver un logement en Slovénie
Je ne connais pas le marché immobilier en dehors de Ljublana, mais dans la capitale, il est assez saturé. On n’atteint pas le niveau de crise de Paris ou Berlin, mais cela reste assez difficile de trouver un logement à Ljubjana, particulièrement si vous cherchez un studio (pris d’assaut par les étudiants). Les propriétaires sont toutefois bien moins demandants qu’en France, ils exigent rarement un dossier complet avec avis d’imposition et autres documents. Bien souvent, c’est simplement le premier qui postule à l’appartement qui l’a, donc si un logement vous plaît, n’hésitez pas trop longtemps, voire candidatez directement pendant la visite. Voici le principal site immobilier slovène, où sont postées les annonces.
Les transports
Vivre en Slovénie sera infiniment plus confortable si vous avez une voiture. Le réseau ferroviaire n’est que peu développé. Les bus sont déjà un peu plus développés mais terriblement organisés, notamment l’été, lors de la saison touristique. En effet, les billets de bus ne sécurisent pas un siège dans le bus. Vous pouvez donc acheter un billet de bus et faire face à un bus complet, et devoir attendre le suivant qui passe une heure après. L’été, presque tous les bus vers Bled et vers Piran depuis Ljubljana sont saturés de cette manière. Cela reste des destinations touristiques, d’autres destinations sont mieux reliées, mais il n’empêche que votre mobilité sera largement améliorée si vous avez une voiture. J’ai des amis qui n’ont pas de voiture, et qui se sentent vraiment bloqués pour sortir le week-end.
Vivre en Slovénie : ma conclusion
Je suis globalement très heureuse d’être venue vivre en Slovénie. La qualité de vie offerte dans le pays est exceptionnelle, grâce à un bon niveau de sécurité, des espaces verts omniprésents même en ville et une culture tournée vers le sport et le plein-air. Toutefois, le manque de dynamisme peut être assez rebutant. Il y a des événements culturels et sportifs, mais rien de comparable avec une grande ville française, ni même avec une moyenne ville française, quant à la vie nocturne et aux groupes d’amis, cela est vite très limité. À mes yeux, vivre en Slovénie est plus adapté à ceux qui recherchent un rythme de vie sain, tranquille, peut-être en famille, qu’à ceux qui aiment être toujours en activité, être entourés de copains, sortir souvent au restaurant ou en soirée, et qui préfèrent l’ambiance des grandes villes. Ceux-ci risquent de s’ennuyer en Slovénie.